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Le MS 410 de la BM de Lyon

Le BML 410 consulté seulement deux fois me permet néanmoins d’écrire ces quelques lignes concernant les matériaux de la couleur que l’enlumineur-lettré a employé pour peindre et écrire les titres (si tant est qu’il s’agisse de la même personne ou bien qu’il s’agisse de l’emploi de couleurs qui auraient été partagées par le lettré-copiste et l’enlumineur des initiales).

La question est donc posée ainsi : Les lettres incipitaires ont-elles les mêmes couleurs que celles des lettres-initiales du manuscrit 410 de Lyon ? Ce manuscrit est aussi connu sous le nom de Bible de Lyon. Sachant que les lettres-initiales du manuscrit ont une palette de couleurs plus importantes en nombre que la palette de couleurs des lettres de titre, nous devons noter ici que l’importance en nombre des couleurs est relative aux tours de main et au talent de l’artisan-enlumineur, qui n’a pas son pareil lorsque l’artisan calligraphie les lettres de titre aux nuances presques identiques, je dis bien presque.

Une palette d’artisan-enlumineur réside essentiellement dans la variété des applications qu’il fait des couleurs à des fins d’en obtenir des tonalités variées. Il les applique en aplat plus ou moins fins ou il les applique en transparence. C’est la quantité de liant plus ou moins importante qui détermine l’épaisseur de la peinture ou à l’extrême, sa transparence. D’autres applications fournissent une autre gamme de couleurs telles sont les couleurs superposées comme le mille-feuilles dont parlait M. Pastoureau. Ne serait-ce que de citer une fine pellicule de couleur détrempée posée en transparence sur la tonalité d’une peinture posée elle, de manière à recevoir cette fine couche transparente. Toujours d’après le spécialiste français des couleurs, l’enlumineur applique toutes les teintes de sa palette dans un ordre savamment choisi. J’ajouterai qu’il choisi un ordre d’application pour les effets visuels et chromatiques que ses matériaux lui procurent à l’oeil. Ses matériaux de la couleur qu’il a fabriqué spécialement pour peindre et écrire un manuscrit sont aussi choisis pour les propriétés intrinsèques des minéraux, des végétaux, des animaux et des métaux qui les composent. Ces matériaux de la couleur médiévale, je les ai réuni dans la matériauthèque de mon laboratoire de recherche. Les couleurs des peintures que l’enlumineur-lettré a fabriqué d’après des recettes et par expérience de la pratique de la couleur approuvée, sont celles que nous voyons en l’état de conservation actuelle du MS 410 avec peu de modification par rapport à l’époque où elles ont été appliquées sur le parchemin. C’est le manuscrit que je consulte depuis plusieurs mois mais sans fréquence.

En effet, je travaille en attendant une prochaine visite au fonds ancien de la BM Lyon, sur les vignettes du portail que Biblissima met en ligne pour ce manuscrit 410. Biblissima crée depuis 2012 une vaste bibliothèque numérique interopérable et promeut les outils permettant d’étudier la transmission des textes anciens avec leurs images. C’est le seul substitut qui ne me prive pas de l’accès aux manuscrits du fonds ancien de la bibliothèque municipale de Lyon, fonds auquel j’ai enfin accès aussi en consultation dans la salle de lecture depuis quelques mois et ce avec l’accord du conservateur qui a répondu favorablement à ma demande motivée pour VOIR le MANUSCRIT 410.

L’ensemble des éléments chromatiques que j’ai pu observer se juxtaposent :

  • soit sur le dessin de motifs :

    • végétaux à feuillages,

    • zoomorphes,

    • historiés de personnages masculins et/ou feminins,

colorés de manière savante afin de créer des effets visuels que l’on observe encore actuellement ;

  • soit se juxtaposent en un agencement de jeux de lettres :

    • lettres enclavées,

    • lettres conjointes,

    • lettres entrelacées

pour former les mots des titres des livres de la Bible, la vulgate de saint Jérôme aux lettres incipitaires calligraphiées en majuscules et en couleur avec une graphonomie d’encres et d’encres-peintures aux textures visiblement différentes au regard des matériaux de chaque couleur.

La vulgate du BML 410, est selon Henri Quentin, une bible du modèle des bibles d’Alcuin, le lettré carolingien de Charlemagne qui réforma l’écriture un peu moins de quatre cent ans avant l’écriture du texte du manuscrit de Lyon. La calligraphie de l’écriture minuscule du texte a été datée par Marie-Louise Constaty des environs de 1180.

Etude d’encre brune par claudine brunon

 
 
 

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