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Les Ecritures d’apparat

  • 1 août 2021
  • 2 min de lecture

Je nourris une recherche sur les lettres d’apparat des manuscrits romans. Ce sont généralement des titres d’explicit et d’incipit. Elles sont aussi appelées “jeux de lettres” car elles subissent un jeu d’enclavement, d’entrelacement et de conjonction. On parle alors de lettres enclavées, entrelacées ou conjointes. Ce sont généralement des rubriques de couleur rouge mais pas que. On trouve des titres avec des alternances de mots en rouge, bleu, vert, rose, carmin. On peut parler de rubricateur pour la personne en charge de ce travail en couleur.

Que savons-nous de l’enluminure des écritures d’apparat à l’époque romane ?

Tout d’abord, les termes de lettres capitulaires ont été définies dans le Vocabulaire codicologique de Denis Muzerelle :

“Lettres calligraphiques ou ornementales, se distinguant de l’écriture normalement utilisée pour le texte, employées pour inscrire les titres, les rubriques, les incipit… ou comme initiales”.

Dans certains cas, une seule et même personne pouvait réaliser à la fois les lettrines et les écritures d’apparat. En effet, les couleurs sont parfois les mêmes, ce qui laisse à penser que c’est la même personne. S’agissait-il d’un peintre ?.

Y’a-t-il des “copistes” représentés en train d’écrire des lettres majuscules ?

Si l’on en juge l’iconographie, il semblerait que ce fut un travail noble que l’évêque anglais Dunstan, l’évêque italien Pierre Lombard et le pape Grégoire le Grand s’occupaient à faire. En effet, ils sont représentés à ces travaux dans trois manuscrits. Voici celui de Dunstan, assez célèbre, représenté post-mortem, alors évêque et saint :

Dunstan
Saint Dunstan, Smaragd de saint Mihiel, Expositio de la Règle de saint Benoît,Canterbury, 1170-1180, Londres, British Library, Royal 10 1 XIII folio 2v

Une autre manière de signifier le travail de ces lettres capitales, est de représenter un personnage, religieux ou laïc dessinant directement dans le manuscrit. Saint Grégoire est ainsi figuré :

Saint Gregoire, Frankendal v 1170-1175, Vatican Biblioteca Apostolica Vaticana Pal. Lat. 251 folio 36v

Grégoire tient une corne et une plume pour dessiner les lettres majuscules mais dans une autre représentation, un laïc tient une écuelle. Généralement, c’est de l’encre qui est contenue dans les cornets et dans l’écuelle de la peinture. Ainsi, le cornet passe pour être, si l’on en croit l’iconographie, un objet du copiste et l’écuelle, celui du peintre. Encres et peintures liquides pouvaient être employées par les religieux et les laïcs pour dessiner les écritures d’apparat.

  1. Voir Le Vocabulaire codicologique, [en ligne], http://www.palaeographia.org/vocabulaire/pages/vocab2.htm. []

  2. Voir Chantal FRAÏSSE, « Quelques observations sur le scriptorium de Moissac au début du XIIe s. », dans Mémoires de la société archéologique du midi de la France, 62, 2002, p.41. []

  3. Seul Pierre Lombard est représenté de son vivant []

 
 
 

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