Les Bleus des réceptaires et leurs récipients (1)
- 30 mai 2008
- 3 min de lecture
Connaissez-vous le Liber Diversarum Artium ? Un exemplaire complété au Moyen Age du livre de Théophile. Il est conservé sous la côte 277 à la bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier. C'est un livre de recettes de couleurs avec des indications de récipients et de chauffage pour faire les couleurs. Notons ici quelques recettes de couleur bleue. Ainsi l'on trouve un pot émaillé, une oulle émaillée, un vase de pierre, une ampoule de cuivre pur. Ceux-ci correspondent à des procédés techniques et à des recettes bien précises.
Récipients allant au feu :
Purification du lapis-lazuli
: boulettes de gomme arabique, de colophane de cire blanche, d’aloès hépatique et d’un peu de résine dans lesquelles on malaxe la poudre de lapis-lazuli pour enlevé toute impureté qui se colle à la pelote. Ce qui compose les boulettes est d’abord fondu à feu lent dans
un pot émaillé
, «
Solve ad lentum ignem in vase nitido
».
Purification de l’azur
: on met de la gomme dans un nouet de lin «
paniculo de lino
» que l’on fait chauffer dans
une oulle bien émaillée
, «
sicque ferveat in olla nitidissima
». On met un peu d’azur broyé avec cette liqueur dans un godet à couleurs «
concha
» et on laisse une nuit … on broie l’azur qui est le meilleur des bleus «
est per potimum açurum blavum
».
Purification de l’azur
: on fait bouillir très fort de l’azur avec de l’huile d’olive dans
un pot émaillé
, «
et bulias multum in vase nitido
».
Coloration de l’azur
: on met de l’outremer avec de l’huile d’amande et de l’huile d’olive dans
un vase de pierre
«
vase lapideum
» et on fait bouillir sur le feu dès le matin et par quatre fois jusqu’à neuf heures «
fac bulire quasi ad ignem sine fummo a mane per quatuor vices usque ad horam none
», puis on laisse reposer quatre jours dans un vase de verre «
vitreo vase
».
Récipients enterrés :
Autre procédé pour faire de l’azur
: dans
une ampoule de cuivre pur
, «
summe ampulam de puro cupro
» que l’on garde avec un couvercle dans un endroit chaud, du fumier, «
et reconde eam cohopertam in calido loco, scilicet fimo
». On le laisse ainsi un mois et on trouve une couleur similaire à l’azur, bonne pour peindre sur bois et sur les murs. On fait sécher au soleil. Entrent dans la composition de ce bleu : de la craie (ou chaux) de marbre blanc et du vinaigre très fort.
Autre procédé pour faire de l’azur
: dans
une nouvelle oulle
«
ollam novam, que nunquam in opus fuerit
», on met des lames d’argent pures ; l’oulle bien fermée est profondément mise dans du marc de raisin qui est la projection du pressoir «
in vindemia que est projecta de torculari
». On laisse l’oulle pendant quinze jours, «
bene serva usque ad diem trigesimum quintum
» puis on l’ouvre et recueille les efflorescences des lames dans un vase émaillé, «
nitido vase
».Cette recette ne marche pas d’après Jean-Pierre Rose, traducteur d'une partie du manuscrit cité ci-dessus.
Autre procédé pour faire de l’azur
: dans
une ampoule de cuivre pur
, «
ampullam de purissimo cupro
» dont on bouche l’orifice avec si nécessaire de la terre adhérente ou de la pâte, «
tenacem terram vel pastam
», on remplit de très fort vinaigre. On place l’ampoule dans un lieu chaud, on la couvre soit de la terre soit du fumier «
et ipsem ampullam ita clausam pone in aliquo calido loco, aut in terra aut in fim limi
». On laisse pendant un mois puis on débouche et on fait sécher au soleil ce que l’on trouve à l’intérieur.
Libellés : enluminure, histoire, Livres, Moyen âge, pigments, réceptaires, récipients









































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