PEAC

Le Parcours d'éducation artistique et culturel de l'élève (PEAC)

Acquérir une culture artistique personnelle est l'objectif du PEAC, afin de favoriser l'égal accès de tous les élèves, à l'art et ce de la maternelle au lycée.

Le PEAC ?

C'est l'ensemble :

  • des connaissances acquises par l'élève ;

  • des pratiques expérimentées ;

  • des rencontres faites dans les domaines des arts et du patrimoine.

Cet ensemble, ce sont les enseignements par les professeurs de l'établissement de l'élève, les projets spécifiques, les actions éducatives.

Le PEAC se déroule sur les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire.

Les enseignements artistiques des professeurs d'arts plastiques, d'éducation musicale, d'histoire des arts contribuent, pour chaque élève, :

  • au développement de la sensibilité,

  • à la formation du goût et du jugement,

  • à l'explication des liens entre les différents champs des savoirs.

A l'école primaire et au collège, au moins une fois par cycle, l'élève aborde un des grands domaines des arts et de la culture.

Les projets se font sur le temps scolaire, périscolaire et extrascolaire ; ce sont des enseignements disciplinaires et pluridisciplinaires ou bien encore des actions éducatives.

Ces projets favorisent l'autonomie et la prise de responsabilité au sein d'un goupe, le recours à l'expérimentation, au tâtonnement, l'observation partagée et la communication, le développement de la créativité pa rlémulation, l'engagement et l'implication personnelle, le plaisir de travailler ensemble à un projet commun, le respect des élèves entre eux, en particulier l'égalité entre les filles et les garçons.

Les Objectifs du PEAC ?

Ce sont des objectifs de formation de l'élève et ce tout au long de son parcours d'éducation artistique et culturel.

Ils s'articulent autour des Rencontres, des Pratiques et des Connaissances. Pour ce qui concerne les arts du livre médiéval et ma pédagogie, je réponds à ces objectifs de cette manière :

 

    1. Fréquenter (Rencontres)

        A. Cultiver sa sensibilité, sa curiosité et son plaisir :

  • en feuilletant un manuscrit médiéval (petits manuscrits enluminés de poche en fac-similé),

  • en regardant de planches à échelle de fac-similés des Heures du duc de Berry,

  • en voyant de petites pages de manuscrits médiévaux originaux datés du XVe siècle et ornés de petites lettrines champies (or, bleu, rouge).

Ainsi, j'ai pu montré aux élèves de primaire (temps périscolaire) et aux collégiens (classes à PAC et périscolaire : club de loisirs créatifs) ces documents.

        B. Échanger avec les élèves, sur mon métier et répondre à des questions :

 

  • "C'est votre métier ? Vous faites que ça ? Vous êtes allez où ce matin ? Vous faites combien d'œuvres ? Vous avez un atelier ? ..." ;

  • échange sur ma pratique artistique : visionnage de mon portefolio et création de lien avec le propre travail de l'élève.

 

        C. Appréhender des oeuvres et des productions artistiques :

 

  • en projetant un powerpoint sur la typologie des lettrines enluminées selon les styles d'enluminures et la complexité du graphisme. Ceci avant de faire un atelier pédagogique sur l'enluminure de lettrine du prénom des élèves.

J'ai montré ce document à des élèves de primaire (temps scolaire) et aux collégiens (collège privé) ;

    2. Pratiquer (Pratiques)

        A. Utiliser des techniques d'expression artistique adaptées aux réalisations médiévales suivantes :​

 

  • le prénom de l'élève calligraphié et /ou enluminé d'une lettrine a nécessité :

    • d'apprendre le maniement du calame,

    • de juger du bon dosage de l'encre,

    • d'écrire son prénom à la plume métallique en le dorant à la feuille d'or,

    • d'enluminer la lettrine dite "ornée de végétaux" de son prénom,

    • de tenir son pinceau très fin avec dextérité,

    • de peindre de petites surfaces colorées dont le doré et les autres couleurs vives. 

 

Ainsi, j'ai encadré ces ateliers aux élèves de primaire (temps scolaire  et périscolaire ) et aux collégiens (temps scolaire, périscolaireclub de loisirs créatifs et extrascolaire : école ouverte).

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  • une page calligraphiée d'adjectifs qui nous qualifient, a nécessité :

    • de tracer au calame les adjectifs sur la ligne droite,

    • d'orner les bouts de lignes dessinés aux feutres bleu, rouge, or,

    • les interpréter d'après les modèles médiévaux de l'enlumineur anglais William de Brailes (XIIe siècle),

    • .de mémoriser un répertoire de formes.

 

 J'ai encadré cet atelier auprès d'élèves de primaire (temps périscolaire).

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  • un livret enluminé et calligraphié de plusieurs pages avec sa couverture en groupe de 4 élèves a nécessité :

    • d'apprendre la technique de réglure,

    • de comprendre comment on crée la composition d'une page avec les éléments calligraphiés et enluminés (lettrines et décor marginal d'abord laissés blancs puis enluminés).

 

Ces livrets ont été réalisés dans le cadre d'ateliers sur une semaine avec des élèves de terminale de lycée agricole professionnel (temps scolaire).

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  • dans un registre plus contemporain, une recherche de composition calligraphique sur :

    • les contrastes : fin/large, noir/couleurs, plumes/feutres,

    • les variations d'écriture : minuscules/capitales, romain/italique,

    • l'écriture en spirale avec des pistolets à courbes (gabarits),

    • la création de cartes de vœux : Joyeux Noël, Bonne année,

    • la réalisation d'un "junk journal calligraphié" mêlant les techniques de la calligraphie et du scrapbooking.

 

Cet atelier s'est organisé auprès des élèves de primaire (temps périscolaire) ou/et avec des collégiens (temps périscolaire : club de loisirs créatifs).

        B. Mettre en oeuvre un processus de création : 

  • le geste d'écriture :

    • l'usage de la main droite ou gauche. Les gauchers doivent tenir leur feuille penchée ;

    • la prise en main des outils scripteurs :

      • calame, plumes métalliques de différentes taille, feutres fins et gros, carton large​ ;

      • tenue et maniement => patchwork de graphisme de pleins et de déliés, pression de la main sur l'outil, dosage de l'encre, tâches d'encre ;

    • le traçage de la réglure :

      • tracer au crayon à papier, des traits parallèles sur une page, parfois de peu de hauteur ;

      • laisser une marge tout autour du document, avec plus d'espace en bas ;

      • calligraphier sur le bons traits du milieu et non pas sur les espaces des hampes et des hastes ;

    • la mise en oeuvre du geste qui donne forme à l'écriture :  

      • les lettres minuscules et majuscules de trois écritures médiévales (Caroline, Gothique textura, Gothique cursive) sont tracées selon un ordre précis ;

      • d'après un ductus (une fiche qui décompose les traits des lettres classées par ordre alphabétique) différent pour chacune ;

    • la production d'une calligraphie (prénom, texte plus ou moins long) sur un support papier ;

      • la trace fait sens dans les mots ;

      • attention ! Si on oublie une lettre ou un mot, c'est l'œuvre de Titivilus, le démon des moines-copistes.

  • le geste de peinture :

    • l'usage de la main droite ou gauche​ ;

    • la prise en main des outils :

      • crayon à papier, pinceau

      • tenue et maniement => repentis (gomme), dilution de la peinture, fluidité de la peinture sous le pinceau lorsqu'on applique la couleur sur le support ;

    • la mise en œuvre du geste qui donne forme à la peinture :

      • de petites touches de pinceaux parallèles sont appliquées après avoir éventuellement cerné avec la couleur, la zone à peindre, ceci afin de ne pas déborder ;

    • la production d'une enluminure (lettrine, bouts de ligne, décor marginal) sur un support papier :

      • application d'une première couche dégradée de blanc,

      • puis les couleurs sombres,

      • puis les lumières,

      • puis le cerne noir.

    2. S'Approprier (Connaissances)

        A. Exprimer une émotion esthétique et un jugement critique :

  • L'élève verbaliser ses émotions, confronte sa création avec celle des autres,  : "j'ai trop bien réussi", "Fais voir ce que tu as fait", "Regarde moi ce que j'ai fait" ;

 

  • Défense d’un point de vue en argumentant : "c'est trop beau ce que tu as fait, tu as trop bien réussi ta lettrine, les lumières", ...

        B. Utiliser un vocabulaire approprié :

  • Appropriation des noms de différentes formes de productions artistiques : enluminure, calligraphie, lettrine enluminée, manuscrit enluminé ;

  • Emploi d’un vocabulaire élémentaire pour parler d’une œuvre : lettrine, lettrine champie, décor marginal, bout de ligne, réglure ;

  • Identification des noms des matériaux et des outils médiévaux : calame, encre, noix de galle, plume, parchemin, pigments (comme le bleu de lapis lazuli du jeu vidéo Minecraft), colorants végétaux et animaux ...

  • Utilisation de quelques éléments d’un lexique adapté pour caractériser une œuvre : questionnaire à trou sur le manuscrit enluminé.

        C. Mobiliser ses savoirs et ses expériences au service de la compréhension de l'œuvre :

 

  • Identification de quelques éléments caractéristiques d’une œuvre :

    • les types de lettrines,

    • les types de calligraphies médiévales.

  • Mise en relation de quelques éléments constitutifs d’une œuvre avec les effets qu’elle produit : "l'or ça brille, c'est magique !", les enlumineurs et les copistes réalisaient un livre entier de 400 pages comme la page que vous faites.

Quelques mots sur mes ateliers :